Manuscrits chorographiques et coutumes populaire...

更新于 2026年10月13日 版权声明
6.Manuscrits chorographiques et coutumes populaires

Parmi les manuscrits de Dunhuang,furent trouvés de précieux ouvrages chorographiques inconnus jusqu’alors datant des Tang et des Cinq Dynasties,tels que les Annales illustrées du commandement militaire de Shazhou («Shazhou dudufu tujing»),l’Itinéraire vers l’Ouest («Xitian lujing»),les Annales de Shazhou et de Yizhou («Shazhou Yizhou dizhi»),les Annales illustrée de Xizhou («Xizhou tujing»),le Voyage du moine Huichao dans les cinq royaumes indiens («Huichao wang wu tianzhuguo zhuan»),l’Aperçu des noms de montagnes et de cours d’eau dans tous les circuits («Zhudao shanhe diming yaolue»),et les Annales de Guazhou et de Shazhou («Guasha gushi xinian»).Ces ouvrages reflètent les perspectives de la période florissante de compilation des annales historiques locales sous les dynasties Tang et Song.Ils occupent une place importante dans l’histoire chorographique de la Chine.Prenons par exemple les Annales illustrées du commandement militaire de Shazhou,qui offrent une image originale des annales illustrées des Tang.Cet ouvrage est antérieur de 400 ans aux Annales illustrées des quatre dynasties(«Sichao tujing») et aux Annales illustrées de Yanzhou («Yanzhou tujing»),lesquelles datent des dernières années des Song du Nord(960-1127) et constituaient auparavant les plus anciennes annales illustrées existantes.Les Annales illustrées du commandement militaire de Shazhou élargissent considérablement notre horizon.Elles nous permettent de corriger les erreurs et de dissiper les ouï-dire dans les milieux chorographiques.Détaillés dans leur narration et riches en contenu,les ouvrages chorographiques de Dunhuang préservent de nombreux documents historiques précieux et s’avèrent d’une importance considérable pour la recherche sur l’histoire,la société,la géographie,le transport,l’économie et la religion à Dunhuang,mais aussi dans toute la région frontalière du nord-ouest de la Chine sous les Tang et les Cinq Dynasties.La description de villes comme Dunhuang,Hecang,Xiaogu,Shouchang,Guazhou,Changle et Xuanquan,de l’ancienne Grande Muraille et de ses forteresses,des passes Yangguan et Yumen,ainsi que des villes de Shicheng,Tuncheng,Xincheng et Putaocheng dans l’ancien Loulan,est plus riche et plus précise dans ces ouvrages chorographiques que dans les livres d’histoire officiels.Elle est fort utile dans la recherche sur l’emplacement de ces villes anciennes,leur origine,l’aménagement de l’espace urbain,ainsi que la formation et l’évolution des villes dans la région aride du nord-ouest.Dans le document P.2005,il y a par exemple un chapitre intitulé «Dix-neuf Relais de poste»,décrivant en détail l’emplacement et l’établissement des relais de poste sous le contrôle de Shazhou ; le document P.5034 enregistre les six itinéraires partant de la ville de Shicheng du royaume de Loulan,avec une description détaillée de leurs directions,de leurs longueurs,de leur disponibilité en eau et en herbe,des conditions de leurs routes ou encore des contraintes saisonnières.Ces récits sont plus spécifiques et plus vivants que dans les livres d’histoire officiels comme le Traité de géographie («Dili zhi») et le Récit des barbares («Waiyi zhuan»).Ils jouent un rôle important dans les recherches sur l’ancienne Route de la soie ainsi que les changements de l’environnement naturel le long de la route,et ouvrent également un nouvel horizon pour l’étude géographique.

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Manuscrit chorographique.

Les manuscrits chorographiques enregistrent par ailleurs une grande variété de coutumes et d’activités populaires de Dunhuang.Par exemple,l’entrée «Mont Mingsha» des fragments du Livre de Dunhuang («Dunhuang lu»,S.5448) décrit une activité pendant la Fête des Bateaux-Dragons (Fête Duanwu,ayant lieu le 5e jour du 5e mois lunaire):«Le mont Mingsha est extraordinaire avec son sommet escarpé et un puits peu enseveli par le sable.En plein été,le sable rugit,et lorsque les gens et les chevaux le foulent,les bruits de pas s’entendent à une dizaine de kilomètres à la ronde.La coutume veut que le 5e jour du 5e mois lunaire,les gens grimpent sur la haute dune avant de glisser ensemble jusqu’en bas,le sable faisant un bruit aussi fort que le tonnerre.Le lendemain matin,la pente de sable se retrouve raide et lisse comme avant.» Cette coutume consistant à glisser sur une pente de sable abrupte se pratique encore de nos jours.En 1990,lors de la Fête des Bateaux-Dragons,la Société des coutumes de Dunhuang organisa au mont Mingsha un évènement de glissades sur le sable,au cours duquel un bruit de 67 décibels fut enregistré.

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Manuscrit relatant la glissade sur le sable.

Il est possible de trouver dans les manuscrits de Dunhuang d’autres coutumes concernant l’alimentation,l’habillement,l’architecture,les voyages,les mariages,les funérailles,l’éducation,les croyances ou encore les rituels sociaux.D’après les statistiques établies par Tan Chanxue de l’Académie de Dunhuang,une quarantaine de fêtes populaires et religieuses étaient organisées chaque année à Dunhuang,soit au moins trois activités par mois.En voici un aperçu incomplet:

1er mois:Nouvel An,écriture des sentences parallèles,sacrifice du Nouvel An,danse groupée au pas,procession autour de la ville en tenant un grand dais blanc[3],activité constituée de l’impression de l’image de Bouddha sur le sable et moulages de statues de Bouddha et des pagodes,sacrifice au début du printemps,allumage des lanternes le 15e jour,sacrifice au Dieu des vents,fête en l’honneur des maharajas,fête en l’honneur des divinités du zoroastrisme,fête en l’honneur du Dieu du mont Jin’an,etc.

2e mois:assemblée bouddhiste le 8e jour,procession avec l’image de Bouddha,fête du nirvana du Bouddha le 15e jour,sacrifice aux maîtres défunts,sacrifice au Dieu de la terre et au Dieu du grain,sacrifice au Dieu des chevaux de guerre,etc.

3e mois:sacrifice pour éloigner les désastres,Jour du Repas froid,Fête des Morts,sacrifice aux cours d’eau et aux plaines,sacrifice au Dieu de la pluie,etc.

4e mois:anniversaire du Bouddha,mise en œuvre du tabou d’été[4],fête en l’honneur du Dieu des chevaux et des chameaux,matchs de polo,combats de lutte,fête en l’honneur du Dieu du raisin,fête des Jeunes Cultures,fête en l’honneur du Dieu du mont Jin’an,etc.

5e mois:escalade du mont Mingsha et glissade sur le sable lors de la Fête des Bateaux-Dragons,fête en l’honneur du Dieu des chevaux et des chameaux,sacrifice pour la pluie de la mi-été,etc.

8e mois:emploi du tilak[5],service bouddhiste de la mi-automne,fête en l’honneur de la dame Zhang[6],fête en l’honneur du Dieu des chevaux et des moutons,prise d’aigles au filet,fête en l’honneur du Dieu de la terre,etc.

Il ne s’agit là que d’une liste partielle des évènements qui se déroulaient au cours d’une année.Il y en avait plusieurs dizaines d’autres les autres mois.Beaucoup de ces évènements sont de nature religieuse,issus par exemple du bouddhisme,du taoïsme et du zoroastrisme,dont l’image des divinités fut retrouvée dans les manuscrits de Dunhuang.(https://www.daowen.com)

Parmi les coutumes locales de Dunhuang,la «chasse des diables et des pestes» est sans aucun doute une activité originale datant des temps anciens.Les participants portaient des masques pour se déguiser en divers personnages,dont le chasseur de fantômes Zhong Kui,la bête divine Baize,le général Wudao qui garde le Livre de vie ou encore le Seigneur Yama.Ils se déguisaient également en fantômes,en monstres et en personnes ordinaires.A cette occasion,ils chantaient des balades locales et dansaient dans le but de chasser tous les maux.

La formation des associations était populaire parmi les habitants de Dunhuang,avec des participants de tous niveaux.Il existait des associations de moines,de femmes,d’habitants d’une même ruelle,de militaires ou encore de personnes partageant le même métier.La ville comptait des mini-associations constituées de deux ou quatre membres et de grandes associations de 90 personnes.Les règles d’association étaient établies et respectées par tous les membres qui étaient égaux,à l’inverse des organisations publiques où une hiérarchie stricte était observée.Le président,élu par les membres de l’association,ne dominait pas ces derniers.Toutes les affaires de l’association étaient enregistrées et transparentes.Les associations de Dunhuang conservaient la solidarité des communautés primitives,mais étaient largement influencées par la morale confucianiste.En s’engageant principalement dans des activités religieuses et des sacrifices,elles assuraient une certaine solidarité pour lutter contre les difficultés ne pouvant être surmontées par un individu seul,traduisant la tradition chinoise de solidarité mutuelle.

Les manuscrits de Dunhuang enregistrent également de riches coutumes de mariage,nous permettant de connaître au mieux l’ancienne procédure de mariage des Han.L’une de ces coutumes s’appelle zhangche,qui veut dire «bloquer le char de la nouvelle mariée».Celui-ci était bloqué sur le chemin vers la maison du marié par un groupe de jeunes hommes,qui chantaient des chansons folkloriques et exigeaient de la mariée qu’elle réponde par des chansons correspondantes.A la fin,après avoir distribué des cadeaux,la future mariée pouvait continuer son chemin.Ce jeu au cours des mariages se propagea rapidement au sein de la cour impériale et parmi les hauts fonctionnaires.En 708,sous le règne de l’empereur Zhongzong des Tang,la princesse Anle se remaria avec Wu Yanxiu.Lors du mariage,il fut demandé au prince Anguo de bloquer le char de la future mariée.Cette coutume,qui flattait les goûts à la fois de la noblesse et du peuple,était très populaire sous les Tang et les Cinq Dynasties.Selon une autre coutume appelée xianüfu («défi au marié»),le futur marié était déguisé en lettré ayant été reçu au dernier examen impérial et allant rejoindre son poste.Il était hébergé chez sa future épouse,dont la famille lui posait de nombreuses questions pour connaître sa vie et évaluer ses connaissances.Ces traditions firent naître des œuvres aussi intéressantes que le poème Xianüfu,qui décrit de manière vivante et dramatique certains étapes du mariage.

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Peinture murale d’une scène de mariage datant des Cinq Dynasties,dans la grotte 38 de Yulin.

Les manuscrits de Dunhuang abritent un nombre non négligeable de documents écrits en langues autres que le chinois,qui font l’objet d’études par des chercheurs de différents pays.Ces documents embrassant tous les sujets expriment l’inclusion,la générosité,l’innovation,la variété,l’harmonie et l’ouverture.Cette accumulation culturelle nous permet de comprendre le rôle important que joue la complémentarité dans la transmission culturelle.

【注释】

[1]Xuanfeng zhuang:ensemble de feuilles de dimensions décroissantes fixées sur un même bâton d’enroulement servant de structure autour de laquelle le cahier ainsi formé venait s’enrouler pour sa conservation.

[2]Hudie zhuang:les feuillets,imprimés sur une seule face,étaient pliés sur eux-mêmes en leur milieu,empilés puis encollés par le dos.

[3]Un évènement organisé par les autorités locales et les monastères.Le blanc évoque la pureté et le dais est un symbole du pouvoir du Bouddha.

[4]A partir du 15e jour du 4e mois lunaire,les moines se défendent de sortir de peur de mettre en danger la vie des petits animaux.

[5]Point coloré,généralement rouge,porté entre les sourcils pour se protéger des maux,une coutume probablement venue d’Inde.

[6]Une légende raconte qu’une dame nommée Zhang de la dynastie Han fit la lessive au pied d’une montagne et tomba enceinte alors qu’elle fut surprise par le brouillard.De honte,elle se suicida et deux dragons jumeaux furent trouvés dans son ventre.Sa tombe fut visitée par des dragons et un ruisseau se forma devant.La Dame Zhang était considérée comme la Déesse de l’eau.

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