Développement des religions et enseignement scol...
Les lieux de culte des différentes religions à Dunhuang constituaient d’importants lieux d’échanges culturels.Leur nombre et celui de moines et de nonnes étaient importants par rapport à la population locale,ce qui était rare dans le reste du pays.Cela traduisait la particularité de Dunhuang due à sa position géographique sur la Route de la soie.Outre le confucianisme,il existait diverses croyances religieuses.Le bouddhisme,le taoïsme,le manichéisme,le zoroastrisme et le nestorianisme s’y rencontraient et coexistaient en bons termes.Les échanges culturels étaient donc favorisés,comme en témoignent les manuscrits découverts dans la«bibliothèque murée»,ainsi que les peintures murales et les sculptures peintes abritées par Dunhuang.
Selon les écrits historiques,le monastère Shengyan,le plus ancien de tous,fut fondé en 265 sous les Jin de l’Ouest par des moines venus des Contrées occidentales.Dès lors,de plus en plus de monastères furent construits,dont certains dans des grottes.En 366,un moine nommé Yue Zun ouvrit la première grotte dans une falaise de grès du mont Mingsha.Les grottes furent creusées de manière continuelle jusqu’à atteindre le nombre de 1 000.Selon des statistiques approximatives,Dunhuang comptait,des Jin de l’Ouest à la dernière époque des Tang,20 temples pour vénérer des personnalités,10 temples taoïstes,59 monastères bouddhistes,22 aranyas (qui signifie «forêt»,lieu de culte bouddhique) et 14 salles de culte du Bouddha.Sous le règne de l’armée Guiyi,un régime local dont le siège fut basé à Dunhuang du VIIIe siècle au XIe siècle,il y avait 17 monastères bouddhistes et plus de 1 100 moines et nonnes.Selon les écrits historiques,l’ensemble du pays comptait à la même période 5 368 monastères bouddhistes et 126 000 moines et nonnes.Le nombre moyen de moines et de nonnes par monastère était de 23.En revanche,ce nombre était de 65 à Dunhuang,soit près de trois fois plus,illustrant bien la ferveur religieuse régnant alors à Dunhuang.
La «bibliothèque murée» des grottes de Mogao conservait une grande quantité de textes des Sutras,du Vinaya et de l’Abhidharma,ainsi que de nombreux documents de monastères,mais également une riche collection de classiques confucéens et d’autres ouvrages religieux.Il y avait aussi de nombreux documents relatifs aux activités laïques locales,y compris une certaine quantité de manuscrits en tibétain ancien et en d’autres langues.Tout cela démontre la diversité culturelle de Dunhuang à cette époque.
En raison de sa situation géographique,des moines révérés et éminents qui voyageaient entre l’Est et l’Ouest laissèrent leurs traces à Dunhuang et s’y installèrent pour traduire des livres bouddhiques.Parmi eux,il y eut entre autres Dhamaraksa,surnommé «Bodhisattva de Dunhuang»,son disciple Zhu Facheng,Kumarajiva,grand traducteur ayant donné des conférences sur les sutras bouddhiques et dont le cheval fut commémoré par la construction de la pagode du cheval blanc,mais aussi Dharmaksema qui traduisit notamment le Sutra du Nirvana.Les moines chinois Faxian et Xuanzang passèrent également tous deux à Dunhuang lors de leur pèlerinage vers l’Ouest.Ces figures majeures du bouddhisme favorisèrent la prospérité des monastères et des activités bouddhiques à Dunhuang.
En tant que fondement de l’humanisation et de la formation culturelle,l’enseignement scolaire fut remarquable à Dunhuang.
Il y avait trois types d’écoles:publique,privé et monastique,toutes encouragées et protégées par les autorités locales.L’essor de l’enseignement du confucianisme dans la région de Hexi sous les Jin (265-420) et les Dynasties du Sud et du Nord (420-589)contribua à la prospérité de la culture dominante à Dunhuang.
Les écoles publiques,créées par l’Etat et divisées en niveaux départemental,préfectoral et de district,enseignaient l’orthodoxie confucéenne.Elles organisaient également des formations spécialisées en médecine,Yin-Yang,taoïsme,astronomie associée au calendrier,divination et beaux-arts.Beaucoup de peintures murales de Dunhuang furent des œuvres de leurs élèves.Parmi les personnalités remarquables ayant fait leurs études dans ces écoles,citons Zhang Yichao,le premier gouverneur militaire du régime de l’armée Guiyi,et Zhai Fengda,expert en astronomie associée au calendrier.
Les écoles privées étaient également florissantes à Dunhuang.Avec l’installation des familles nobles de la Plaine centrale dans la région de Hexi,leurs membres érudits y créèrent des écoles à grande échelle et rassemblèrent de nombreux élèves.Ainsi,la culture confucéenne commença-t-elle à prévaloir à Dunhuang et de nombreux hommes célèbres apparurent,comme Song Qian et Guo Yu,érudits renommés et maîtres de nombreux disciples durant la période des Seize Royaumes (304-439),ainsi que les célèbres calligraphes Zhang Zhi et Suo Jing,dont les familles avaient émigré vers Dunhuang depuis l’intérieur du pays.Ces hommes érudits issus des familles nobles jouèrent un rôle important dans la transmission de la culture.(https://www.daowen.com)
A la fin de la dynastie Tang et pendant la période des Cinq Dynasties (907-960),les écoles créées par les monastères de Dunhuang contribuèrent de façon majeure à la scolarisation des enfants,notamment dans les zones de concentration de monastères.Avec le soutien appuyé des autorités locales,ces écoles offraient de meilleures conditions scolaires et des enseignants plus qualifiés que les écoles publiques.Elles proposaient des contenus d’enseignement plus étendus et plus solides.Les élèves y apprenaient le bouddhisme,y compris le Tripitaka ou «Trois corbeilles» (Sutra,Vinaya et Abhidharma),les bases fondamentales du bouddhisme,les dix règles et les soixantedouze manières des Shramaneras (novices bouddhistes),afin de s’engager dans le «triple chemin» de l’éthique,la méditation et la sagesse.Ils apprenaient également les classiques confucéens,les rites,les œuvres littéraires,les savoirs élémentaires,l’art d’écrire,la musique et la danse,le calendrier ou encore la divination.De nombreux hauts fonctionnaires envoyèrent leurs enfants dans ces écoles,afin qu’ils reçoivent une formation initiale.Dans sa lettre adressée au chef de l’armée Guiyi,un enseignant d’une école monastique évoqua l’appréciation des officiels locaux envers l’enseignement de l’école monastique et leur confiance dans la qualité de cet enseignement,lesquelles favorisèrent la prospérité des écoles monastiques.Selon des manuscrits de Dunhuang,cette dernière comptait,de la fin du IXe siècle à la fin du XIe siècle,une dizaine de monastères locaux disposant de leur école,dont les monastères Jingtu,Liantai,Jinguangming,Qianming,Sanjie,Yong’an,Longxing,Lingtu,Dayun,Xiande ou encore Chengnan.L’école du monastère Jingtu connut une histoire de plus d’un siècle,de 870 à 973.Les jeunes moines de ces écoles étaient appelés xueshilang («écoliers»),dont les matériels de lecture,les devoirs scolaires et les riches copies de poèmes sont inclus dans les manuscrits de Dunhuang.Ces documents nous permettent de connaître les contenus et les méthodes adoptées dans l’éducation scolaire il y a plus de 1 000 ans,de comprendre dans une certaine mesure la prospérité de la création poétique sous la dynastie Tang et de nous faire une idée sur les relations intimes entre les hommes de lettres et les gens ordinaires dans la création poétique.

Manuscrit de Dunhuang portant les poèmes d’écoliers.
Selon l’Histoire de la dynastie Jin («Jinshu»),au début du Ve siècle,Li Gao,roi du Liang l’Ouest,conseilla à son fils de rester à Dunhuang et d’accorder une importance particulière à la solide base matérielle et à la profonde tradition culturelle de Dunhuang.D’après lui,c’était une préfecture où la sincérité était mise en valeur et dont les habitants étaient honnêtes et justes.En un mot,il s’agissait d’un endroit jouissant d’une renommée amplement méritée.
Sous la dynastie Tang,la richesse de la culture religieuse et la diversité de l’enseignement scolaire créèrent à Dunhuang un environnement humain et culturel propre à cette dernière.L’essor de l’économie,caractérisé par de fréquents échanges commerciaux,le développement de l’industrie artisanale,le grand nombre de boutiques et les monastères bien équipés,promut les activités culturelles et artistiques,faisant de Dunhuang une véritable métropole culturelle internationale.
【注释】
[1]Tiantian,«champs céleste»,zones situées juste à l’extérieur de la Grande Muraille et couvertes de sable.En observant les empreintes de pas ou de sabot de l’armée ennemie laissées sur le sable,il était ainsi possible de connaître les mouvements de l’ennemi et le nombre de soldats.